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Cyberattaques : à quoi servira le nouveau centre régional d’Abidjan ?

Inauguré le 5 novembre à Abidjan, le centre de cybersécurité de Cybastion, équipé de technologies Cisco, vise à aider les organisations d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale à détecter les cyberattaques et à y répondre plus vite.

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De l’alerte à l’intervention

Le centre abrite deux équipes aux rôles complémentaires. La première travaille au sein du centre des opérations de sécurité, souvent désigné par le sigle anglais SOC. Son rôle consiste à surveiller les systèmes informatiques qui lui sont confiés et à repérer les activités inhabituelles. La seconde équipe enquête sur les incidents et intervient lorsqu’une menace se confirme.

Prenons un exemple. Le compte d’un agent se met soudain à télécharger des centaines de dossiers sur une plateforme administrative. Il peut s’agir d’une opération autorisée, comme d’un vol de données. Le rôle des analystes est de faire la différence. Si le compte a été détourné, l’équipe de réponse peut aider l’administration à en bloquer l’accès, puis à déterminer quels dossiers ont été consultés. Pour les usagers, l’intérêt est de limiter les dégâts tout en maintenant le service accessible lorsque c’est possible.

Pourquoi un centre régional ?

Comme le souligne l’Agence Ecofin, les cybermenaces dépassent les frontières. Une même campagne peut viser plusieurs organisations dans différents pays. Si une équipe en repère les premiers signes à Abidjan, partager cette information pourrait permettre à ses partenaires de vérifier leurs propres systèmes avant de subir la même attaque. C’est l’intérêt d’une coordination régionale. Reste à savoir quelles organisations participeront effectivement à ce partage et selon quelles modalités.

200 000 personnes à former : que recouvre ce chiffre ?

Le chiffre annoncé concerne Africa DigiEmpower, un programme de formation qui vise 200 000 jeunes et femmes dans dix régions de Côte d’Ivoire d’ici à 2030. Les enseignements portent sur les réseaux informatiques, la cybersécurité et l’intelligence artificielle. Il s’agit donc d’un objectif pour l’ensemble du programme : ce chiffre ne désigne ni des personnes déjà formées ni 200 000 futurs analystes employés par le centre de Biétry.

Le regard de Dav’Filtr

L’ouverture du centre donne à la Côte d’Ivoire un lieu où des spécialistes peuvent travailler ensemble, de la première alerte jusqu’au traitement d’un incident. Pour juger de son apport, trois questions compteront dans la durée : quelles organisations bénéficient de cette surveillance ? Combien de temps s’écoule entre une alerte et une intervention ? Et combien de personnes formées accèdent ensuite à un métier du numérique ? Ces résultats permettront de mesurer ce que le centre change réellement pour les services et leurs usagers.

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